L'ART PRÉHISTORIQUE

(Sarah Picard)


On dit que depuis l'homme de Néandertal, les couleurs étaient utilisées environ 30 000 ans avant J-C pour décorer les dessins et les gravures exécutées au fond des grottes. Les artistes de la préhistoire utilisent des colorants des roches. On retrouve les couleurs rouges, brunes, oranges, jaunes et noires. On ne retrouve ni bleu ni vert, mais violet qui provenait peut-être de la transformation d'un minéral. Ces premiers colorants servaient à l'état brut, sous forme de simple crayons de couleur, certaines ont été retrouvées usées au fond de la grotte de Font-de Gaume, en Dordogne. Les plus anciens crayons d'ocre ont plus de 35000 ans.

Les colorants pouvaient aussi être écrasés à l'aide d'un galet rond et un mortier en pierre. Les poudres très fines ainsi obtenus étaient ensuite conservées, couleur par couleur, dans des récipients: os évidés et bouchés aux extrémités, coquillages, pierres creuses ou crânes d'animaux. Avant d'être appliquées sur les parois, les poudres devaient être mélangées avec de l'eau ou peut-être avec de la moelle, de la graisse ou de l'urine.

Pour appliquer les colorants sur la roche, les premiers peintres utilisaient divers procédés que nous employons toujours. Les contours du corps de l'animal étaient tracés a l'aide d'un ou plusieurs doigts trempés dans la peintures. Cependant, les tracés très fins, comme ceux des cornes de bison étaient exécutés avec des pinceaux à la pointe très étroite, peut-être fabriqués avec des poils de marmotte, l'extrémité de la queue d'un animal, des plumes d'oiseau ou des touffes de cheveux. Des tampons, formés par un lien, permettaient d'étaler les couleurs et d'obtenir des effets de dégradés.

La matière colorante très fluide, que l'on gardait dans la bouche, pouvait être par exemple pulvérisée sur la paroi a l'aide d'un os creux (les os long d'oiseaux comme ceux des rapaces, étaient parfaits pour cet usage). La peinture se répartissait en nuage sur son support. De nos jours, nous avons simplement remplacé la bouche par un réservoir et les poumons par un moteur. En interposant un motif entre la paroi et le jet de peinture, l'artiste obtenait une empreinte, dont le contour se détachait en claire au centre d'un Halo. Cette peinture "au pochoir" permettait notamment de représenter la main trempée dans la peinture et fortement appliquée sur la paroi se décalquait, donnant des empreintes positives.

L'art préhistorique a été retrouvé sous diverses formes. Elle fut d'abord retracée sur les murs des cavernes qui servaient d'abri aux premiers hommes. Vers la fin de la Préhistoire, l'art s'est transposé sur la poterie.